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Contes amazigh |
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Aïsha Kandisha
Actuellement encore, cette
sulfureuse histoire continue de persister du
Nord au Sud du Maroc, et bien au delà ; les gens
se la racontent parfois les longs soirs d’hiver,
comme une légende pour grandes personnes, en
prenant bien soin d’éviter la présence des
enfants, pour ne pas les effrayer ; même les
esprits les plus éclairés, les hommes les plus
courageux éprouvent un certain frisson en
entendant prononcer ce nom terrible : « Aïsha
Kandisha » !...
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Le récit du Lion, du Chacal et du Renard
Un
lion, un chacal et un renard reviennent de la
chasse ensemble. Ils y ont attrapé une gazelle,
un lièvre et une chouette. En direction de la
maison; ils arrivèrent à hauteur d'un cacaoyer,
puis le lion demanda: "lequel d'entre vous fera
le partage (de la chasse)?"
"C'est
moi qui le ferai", répondit le chacal.
"Vas-y commence le partage", rétorqua le lion.
Le
chacal commença donc le partage. Il dit: "la
gazelle est pour moi, la chouette est pour le
renard, et toi, 'monsieur' le lion, tu auras le
lièvre".
Le
lion coupa aussitôt la tête du chacal et la
pendit au cacaoyer.
Puis
il se retourna vers le renard et lui dit:
"commence, le renard".
Le
renard lui répondit: "'monsieur' le lion, la
chouette sera pour ton petit-déjeuner; le lièvre
sera pour ton déjeuner; et enfin, la gazelle
sera pour ton dîner".
"Qui
t'a donc appris à si bien partager, 'monsieur'
le renard?", demanda le lion.
"C'est
la tète du chacal, pendue au cacaoyer, qui me
l'a apprit", répondit le renard
Les Merveilles du Rif
L’auteur a réuni sous ce titre 15 contes
merveilleux, collectés chez les Ayt Weryaghel
dans le Rif central entre 1990 et 1997, auprès
de Fatima n Mubehrur, une conteuse rifaine, âgée
de 90 ans. Ces récits, relevant de la tradition
orale berbère, présentent plusieurs
caractéristiques de la réalité socioculturelle
rifaine traditionnelle.
L’ouvrage ouvrira de nouvelles perspectives aux
chercheurs qui s’intéressent à la culture
berbère, en général, et à celle du Rif en
particulier : d’une part, il peut constituer un
outil de travail précieux, notamment aux
linguistes berbérisant, d’autre part, il permet
de sauver ces merveilles de la littérature orale
rifaine de l’oubli et de les transmettre aux
générations à venir sous une forme écrite tout
en gardant leur vivacité et leur fraîcheur orale
qui transparaît au travers de ces contes
magnifiquement narrés. Malgré cette spécificité,
les thèmes de ces contes, sont universellement
connus. On peut retrouver quelques versions de
ces derniers dans la tradition orale
méditerranéenne.
Le
recueil est précédé d’une présentation, de la
biographie de la conteuse, d’une notice sur le
Pays et le parler des Ayt Weryaghel, et des
remarques sur le système de notation. La
transcription et la traduction sont présentées
en vis-à-vis.
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